ROC : un projet bien engagé

ROC : un projet bien engagé

Le projet ROC - comme « remboursement des organismes complémentaires » - se déploie actuellement dans un certain nombre d’établissements hospitaliers. Il ouvre la voie à la numérisation des échanges relatifs aux prises en charge hospitalières et, au-delà, facilitera la dispense d’avance de frais des assurés des complémentaires.

Lancé en mars 2018, le projet ROC est pour l’heure entré dans une phase d’expérimentation et s’étendra jusqu’en fin d’année, qui marquera l’heure du bilan de l’expérimentation. Ainsi depuis le mois de novembre 2017, le CHU de Nancy s’est lancé dans une transformation de sa chaîne admission-facturation-recouvrement (AFR) afin de développer la qualité du service rendu au patient et d’améliorer sa propre efficience. Une transformation qui passera, note le CHU, par « une industrialisation de l’ensemble de la chaîne AFR et par une automatisation des échanges avec l’assurance maladie obligatoire, les complémentaires santé et les patients ». L’établissement est ainsi devenu le « CHU expérimentateur » et « CHU pilote » d’un outil de consultation des droits intégrée (CDRi) qui permet de consulter en ligne les droits ouverts aux patients lors de leur venue à l’hôpital.

Standardiser les échanges

Pour l’heure, quatre partenariats d’assureurs complémentaires/plateformes de tiers payant participent aux expérimentations conduites sur différents établissements. Il s’agit de Malakoff-Mederic-Viamedis, ProBTP Groupe-Korelio, FMF Mutualité Francilienne/MGEFI avec Interiale Mutuelle/Almerys, et enfin MNH/i Santé Groupe Cegedim. Au tournant de l’année, ces partenariats prépareront la généralisation des expérimentations sur la France entière, qui débutera à compter d’avril 2019, si rien ne vient contrarier cette trajectoire.

L’objectif du projet ROC est ainsi de simplifier le tiers payant dans les établissements de santé (ETS) en facilitant les échanges de ces derniers avec les assureurs complémentaires. « Le projet ROC a pour objectif de simplifier le travail des agents administratifs des établissements de santé et d’améliorer la communication vis-à-vis du patient quant à son reste à charge », souligne dans ce registre l’Agence française de santé numérique (2). Il se déploiera des ETS publics et privés, anciennement sous dotation globale en MCOO (1) vers ceux soumis à l’objectif quantifié national dans les mêmes domaines, avant de concerner les ETS publics et privés sur les domaines d’activité de SSR et de psychiatrie.

Le premier objectif poursuivi par les expérimentateurs est de dématérialiser et de standardiser les échanges entre les établissements de santé et les AMC par la mise en place d’une solution unique et opposable à l’ensemble des acteurs. Les bénéfices attendus visent la systématisation des échanges en temps réel et la fiabilisation des informations communiquées entre les établissements de santé et les assureurs complémentaires. Pour ces derniers, outre les gains de temps, de productivité et donc de coûts, le projet permettra d’améliorer considérablement la qualité des échanges avec les ETS, tout comme il améliorera la qualité du service fourni aux assurés. Les ETS verront le recouvrement de la part AMS sécurisé, avec une diminution du rejet des factures. Les patients bénéficieront de leur côté d’une simplification de leurs démarches administratives et d’une dispense d’avance de frais. Au total, le projet ROC s’inscrit dans une logique de gagnant/gagnant pour l’ensemble des parties concernées par son application.

Jean-Jacques Cristofari

(1) Médecine, chirurgie, obstétrique et odontologie
(2) ASIP Santé : « Simplifier le tiers-payant dans les établissements de Santé »

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