Projet ROC : décryptage par deux acteurs

Projet ROC : décryptage par deux acteurs

Hélène Lathieyre, directrice Marketing et Partenariats chez Viamedis et Francis Oliva, à la direction Partenariats Santé Assurance chez Malakoff Mederic, s’expliquent sur l’implication de leur société dans la numérisation des échanges concernant les prises en charge hospitalières que va permettre le projet ROC.

Quel est le niveau d'engagement de votre société dans le projet ROC et ses futurs déploiements ?

Hélène Lathieyre : Viamedis a toujours fait le choix de simplifier l’accès aux soins des adhérents de ses clients complémentaires santé et de renforcer son positionnement de facilitateur vis-à-vis de ses partenaires, les professionnels de santé. Notre engagement est donc total. Concrètement, s’agissant de la médecine de ville ou, pour ce qui concerne le projet ROC, de l’hôpital, Viamedis est plus qu’impliqué avec sa participation à l’Inter-AMC, à la fois dans les groupes de travail, mais également dans la phase expérimentale du projet. En effet, Viamedis associé à Malakoff Mederic constituent ensemble l’un des pilotes de la mise en œuvre de ce système. Car nous allons, dans les prochaines semaines, lancer la phase d’expérimentation pilote avec le CHU de Nancy.

Francis Oliva : Malakoff Mederic est un des expérimentateurs de la norme ROC. Nous sommes actuellement en cours d’expérimentation avec un centre hospitalier et son éditeur. Nous planifions sa sortie en fin d’année, au moment où toutes les expérimentations vont converger en vue de la réalisation d’un bilan final.
Malakoff Mederic est actif dans tous les travaux engagés par l'association Inter-AMC, qui définit et met en œuvre les outils nécessaires autour de la norme ROC pour en faciliter son utilisation, notamment par les hôpitaux. Cet engagement a entraîné un investissement important pour notre société, de type projet.

Quel sera pour votre société l'impact de la généralisation de ROC ?

Hélène Lathieyre : Les impacts de cette généralisation sont en 1er lieu techniques et opérationnels. Car ils impliquent :

  • de faire évoluer les systèmes d’information (SI) pour permettre des échanges en temps réel
  • d’adapter la gestion et les opérations à ce déploiement qui s’étalera sur plusieurs années.

Par construction, un effort financier important est engagé avec un retour sur investissement prévu une fois que le système sera généralisé notamment avec l’abandon progressif du papier, la sécurisation des flux, la baisse des rejets et les gains de production associés.
La meilleure connaissance du parcours hospitalier permettra également de repenser les services à destination des adhérents.

Nous devons par ailleurs considérer, si « ne pas être ROC compatible », présente un risque réel sur la dispense d’avance pour nos clients, complémentaires santé. En effet, des éditeurs de logiciel pourraient ne pas savoir gérer deux types de traitement (ROC et non ROC).

Francis Oliva : Les normes de place, comme ROC, offrent des avantages d’homogénéisation et de rationalisation de la pratique du tiers payant lors de l’hospitalisation. Elles fiabilisent et sécurisent les échanges entre les acteurs - l'assuré/patient, l'établissement de santé et l'assureur - lors d'une prestation santé délivrée à l’assuré. Cela simplifie et allège le temps administratif et constitue une économie directement profitable au temps médical. De notre côté, en tant qu’organisme complémentaire, nous en profitons pour renforcer notre relation avec nos assurés. Le projet ROC permet d’industrialiser l’organisation du traitement des flux d’informations hospitaliers. Il va donc fluidifier et simplifier les échanges. Nous sommes sur une norme qui a pour objectif la garantie de paiement dès lors que le remboursement de la part complémentaire est accepté par l’assureur. Ce qui prépare la fiabilisation du paiement.

Quels avantages et garantie de bonne fin apporte votre société au projet ROC ?

Hélène Lathieyre : Quelque 13 millions de personnes sont hébergées sur les infrastructures Viamedis. Les complémentaires santé qui nous confient leurs prestations savent que la compatibilité règlementaire est un pré-requis et que l’acceptabilité des professionnels de santé ou établissements de soins leur est acquise. L’avantage majeur pour une complémentaire à travailler avec un opérateur comme Viamedis est de pouvoir d’une part, sous-traiter ses impacts SI, gestion et règlementaire pour un coût mutualisé et d’autre part, profiter de cette opportunité pour créer d’autres liens à destination des adhérents.

Francis Oliva : La norme utilisée pour ROC a des bases communes avec celle utilisée pour la médecine de ville, déployée depuis janvier 2017. Les opérateurs de tiers payant - déjà homologués tiers payant, comme l’est Viamedis - sont en terrain connu avec les objets technologiques utilisés. Par ailleurs, la démarche ROC qui inclut une phase expérimentale permet de mieux circoncire les bugs de jeunesse et de consolider l’ensemble du processus (normes, organisation et outils) avant le déploiement national. Nous allons donc participer à cette consolidation. De plus, l’implication de l'association inter-AMC (qui représente 98 % des personnes protégées) dans le déploiement ROC est une garantie supplémentaire d'appropriation par l'ensemble des acteurs concernés. Créée pour le tiers payant ville, cette association est remobilisée pour le projet ROC à l’hôpital.

Propos recueillis par Jean-Jacques Cristofari

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