Assurances complémentaires : un marché en bonne santé

Assurances complémentaires : un marché en bonne santé

Le marché de la complémentaire santé et de la prévoyance a enregistré en 2017 des progressions respectives de 2,3% et de 4,4% en termes de cotisations. Deux études confirment le redressement du secteur.

En 2016, ils sont 492 organismes (365 mutuelles, 102 sociétés d'assurance et 25 institutions de prévoyance) à exercer une activité de complémentaire santé et les 20 plus grands organismes concentrent la moitié du marché en termes de cotisations collectées, nous révèle une étude de la DREES consacrée à la situation financière des complémentaires (1). Entre 2015 et 2016, la masse totale des cotisations collectées en santé a ainsi augmenté de 638 millions d’euros, soit 1,8% en moyenne pour l'ensemble des organismes concernés. Celles des mutuelles sont restées stables (0% en individuel et -0,5% en collectif), tandis que les sociétés d'assurance ont connu une hausse de 3,8% (12,4% en collectif et -3,4% en individuel) et les institutions de prévoyance une croissance de 4,3% (6,4% en collectif et -8,5% en individuel). "Les mutuelles ont bénéficié de leur positionnement sur certains segments de marchés non concernés par la généralisation de la complémentaire d’entreprise (fonctionnaires, retraités…), qui leur a permis de mieux résister que leurs concurrents", souligne l'étude précitée. Les mutuelles détiennent, en 2016, 52% du marché (tableau 2.5), contre 30% pour les sociétés d’assurance et 18% pour les institutions de prévoyance d’après le Fonds CMU.

Prévoyance en hausse

En 2017, la tendance générale reste haussière, avec une légère progression pour les mutuelles (+0,4%) qui enregistrent 18,5 milliards d'euros de cotisations, dont 12,9 milliards sur les contrats individuels et 5,5 milliards sur le collectif (2). Ces dernières devancent ainsi les sociétés d'assurance (12 milliards d'euros de collectes, partagées à égalité entre les deux types de contrats) et les institutions de prévoyance (6,7 milliards, dont 5,8 en collectif), avec des taux de croissance respectifs de 4,9% et 3%. Au total, le marché de la complémentaire santé s'élève, en 2017, à 37,1 milliards d'euros, en progression de 2,3% par rapport à 2016. Il demeure depuis 2001 dominé par les mutuelles, même si leur part de marché est allée en diminuant (60% en 2001 contre 52% en 2016 et 49,86% en 2017).

Sur le registre de la prévoyance, les assureurs privés sont largement en tête (13,8 milliards de cotisations), loin devant les institutions de prévoyance (5,9 milliards) et les mutuelles (1,6 milliards). "Le dynamisme d’ensemble du marché (+4,4%) est partagé entre les acteurs, explique le collectif des complémentaires. La croissance des cotisations est de 4,6% pour les sociétés d’assurance, de 4,1% pour les institutions de prévoyance et de 3,8% pour les mutuelles." Ici les sociétés d’assurance se taillent la part du lion, avec des parts de marché (individuel et collectif) qui s’élèvent à 64%, contre 28% pour les institutions de prévoyance et 8% pour les mutuelles.

Modération des dépenses

Enfin, la Drees analyse également un ralentissement des prestations santé versées aux assurés : "Les organismes complémentaires financent ainsi 13,3% de la consommation de soins et biens médicaux en 2016, contre 13,7% en 2013, année de leur point haut". Les actions de régulation ou de modération des dépenses, engagées notamment en optique (limitation des garanties les plus élevées, réseaux de soins aux tarifs négociés etc.) ou encore la réforme des contrats responsables, ont accompagné ce mouvement, en limitant la prise en charge des lunettes par les organismes complémentaires, souligne encore le rapport de la direction d’études. Cette dernière pointe également les charges de gestion des différents acteurs. "En 2016, l’ensemble des charges de gestion représente 20% des cotisations collectées hors taxes. Les sociétés d’assurance ont les charges de gestion les plus élevées (23% des cotisations), devant les mutuelles (20%) et les institutions de prévoyance (15%)."

Assises financières solides

Enfin, la Drees analyse la rentabilité des différents opérateurs. En 2016, les mutuelles affichent un léger excédent en santé (18 millions d’euros, soit 0,1% des cotisations) et sont très proches de l’équilibre depuis plusieurs années. Les sociétés d’assurance sont de leur côté excédentaires en santé (+330 millions d’euros, soit 3,0% des cotisations) et ce depuis plusieurs années également. Seules les institutions de prévoyance sont déficitaires sur leur activité santé (244 millions d’euros de pertes, soit 3,8% des cotisations collectées hors taxes). Des déficits en santé qui peuvent cependant être contrebalancés par des excédents sur d’autres activités d’assurance.

"Les organismes qui exercent une activité d’assurance santé sont financièrement solides, conclut la Drees. Les fonds propres dont ils disposent, et qui sont supposés leur permettre d’honorer leurs engagements vis-à-vis des assurés, même en cas de pertes imprévues". Il reste désormais à savoir comment ils intègreront et amortiront les objectifs de restes à charge zéro, dans l’optique, le dentaire et les audioprothèses, qui leur ont été assignés par le gouvernement.

Jean-Jacques Cristofari

(1) La situation financière des organismes complémentaires assurant une couverture santé, rapport 2017, Ministère des Solidarités et de la Santé.
(2) Selon les données collectées par le CTIP, la FFA et la FNMF, juillet 2018.

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