Santé : une nouvelle place d’observation

Santé : une nouvelle place d’observation

Après avoir lancé en décembre 2016 un site participatif d’échanges et de débats sur le thème de la santé, ouvert à tous, la Mutualité Française met en place l’Observatoire « Place de la Santé », qui permettra d’identifier les représentations des Français à l’égard du système de santé français.

Une première vague de mesure de ces représentations a été présentée en septembre à l’occasion des Journées de rentrée de la Mutualité Française, qui ont permis de revenir sur la perception des Français du système actuel, en mettant tout particulièrement l’accent sur la question du reste à charge. Thierry Beaudet, président de la FNMF a, dans ce registre, prôné la mise en place d’un reste à charge (RAC) « maîtrisé » par rapport à l’objectif « zéro » sur l’optique, le dentaire et l’audioprothèse que le gouvernement veut mettre en place d’ici la fin du quinquennat. « Nous devrions y aller de manière progressive en ne visant pas toute la population française, mais en se concentrant dans un premier temps sur des cibles prioritaires », a-t-il souligné.

Pour l’heure, selon une enquête diligentée pour la Mutualité Française (1), les Français évoquent des difficultés concernant leur reste à charge : 66 % estiment que ce dernier a augmenté au cours des 5 dernières années, un ressenti exprimé de manière relativement univoque au sein de la population, les seules disparités apparaissant avec l’âge. Les personnes âgées de 35 ans ou plus ont davantage tendance à affirmer que leur reste à charge a augmenté (70 %), alors que ce sentiment est moins important chez les moins de 35 ans (55 %). Pour ceux qui estiment que leur reste à charge a augmenté, les lunettes (69%) et les soins dentaires (68%) sont particulièrement mis en cause, un constat particulièrement partagé pour les plus de 50 ans (78 % citent les lunettes et 73 % les soins dentaires). Les médicaments sur ordonnance et les consultations chez des spécialistes (60%) sont également des soins pour lesquels les Français ressentent une augmentation du reste à charge, loin devant les consultations chez les généralistes (36 %), les frais d’hospitalisation (29%) ou encore les prothèses auditives (22%).

Les Français pessimistes

Pour demain, les Français demeurent plutôt pessimistes concernant l’avenir du système de santé : 56 % ne sont pas confiants (-12 points). Ils se montrent plutôt pessimistes concernant l’évolution de leur reste à charge pour l’avenir. 74% d’entre eux estiment ainsi que ce dernier va augmenter dans les prochaines années, une analyse particulièrement répandue chez les personnes de plus de 50 ans (81 %). « Les Français identifient la réduction du reste à charge comme l’un des trois sujets devant être pris en charge en priorité par le gouvernement pour améliorer le fonctionnement du système de santé (31%), avec la lutte contre les déserts médicaux (50%) et la politique de tarification des soins et dispositifs médicaux (31%) », note la Mutualité. Ce dernier point vient de faire l’objet d’un article (41) dans le projet de loi de financement de la Sécu pour 2018, qui vise à renforcer la régulation du secteur des dispositifs médicaux. Enfin, les Français sont convaincus qu’en termes de santé, toutes les régions françaises ne se valent pas : sur la question du délai d’attente pour obtenir un rendez-vous avec un professionnel de santé (82% estiment que les régions ont des traitements différents), sur celle de la proportion de professionnels de santé pratiquant le dépassement d’honoraires (77% différent), ou encore sur celle des tarifs liés aux soins dentaires (66%) ou optiques (62%), tous semblent considérer que des prestations différentes sont proposées selon les régions. Une réalité que semble confirmer l’intuition des Français. « Les tarifs liés aux soins optiques, enjeu où la disparité est la moins ressentie, peuvent aller du simple au double selon les régions, la région parisienne se situant dans la fourchette haute, pouvant aller jusqu’à 513€ pour une paire de lunettes », conclut la Mutualité.

Jean-Jacques Cristofari

(1) Enquête Harris Interactive, réalisée en ligne du 31 août au 7 septembre 2017. Échantillon de 2 000 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus.

Cet article a été publié dans Actualité, Dossiers thématiques.