Santé : nouveau plan d’économies de la CNAMTS

Santé : nouveau plan d’économies de la CNAMTS

Après avoir dressé le bilan des économies réalisées en 2016, l’Assurance-maladie vient de faire connaître son nouveau plan de maîtrise médicalisée pour 2017. Il faudra économiser à nouveau au total 4 milliards d’euros en 2017, dont 1,135 milliard au titre du « bon usage et de la pertinence des soins » avec 700 millions via la maîtrise médicalisée des prescriptions.

Année après année et face à une montée inéluctable des dépenses, la quête de gisements d’économies s’impose dans les rangs de l’Assurance-maladie obligatoire. En 2016, selon le dernier bilan de la CNAMTS, sur les 700 millions d’économies initialement attendus dans le domaine de la maîtrise médicalisée des prescriptions, 456 millions d’euros ont pu être réalisés. Un an plus tôt, pour un même objectif de réduction des dépenses de santé, la cagnotte dégagée s’est finalement élevée à 598 millions (85 % des objectifs), preuve que le ciblage fonctionne en la matière. Fin 2016, les médicaments sont les plus forts contributeurs à ce plan de diminution des dépenses (317 millions), suivis des autres produits de santé (75 millions), des indemnités journalières (24 millions), des dépenses de masso-kinésithérapie (26 millions), des frais de transports sanitaires (11 millions) ou encore de la biologie (4 millions). Mais entre les objectifs affichés et les réalisations subsistera un écart de 35 %, soit 20 % de plus qu’en 2015.

4,05 milliards recherchés

Pour l’année en cours, la CNAMTS a revu sa copie et s’assigne à nouveau un objectif de 700 millions d’euros sur le seul chapitre de la maîtrise médicalisée des prescriptions, dont 380 sur les médicaments, 50 millions sur les produits de santé et prestations, 100 millions sur les indemnités journalières (dont 78 pour le seul secteur libéral) et 75 millions sur les transports. Les dépenses en kiné et en soins infirmiers sont invitées à se réduire de 50 millions d’euros, ainsi que celles de biologie (30 millions). Mais au total, ce sont bien 4,05 milliards d’euros d’économies qui devront être réalisées en 2017, dont 1,135 milliard au titre du « bon usage et de la pertinence des soins« .

Pour atteindre ses objectifs, l’Assurance-maladie engagera des actions d’accompagnement des professionnels de santé, qui actuellement sont en pleine discussion pour l’application de la convention signée en 2016c’est le cas des médecins – ou pour la signature d’un nouveau textec’est le cas des pharmaciens. Gageons toutefois que la période électorale en cours ne sera pas très propice au maintien d’une pression suffisante pour agir sur les frais de transports ou les indemnités journalières.

Fin janvier, selon le point chiffré effectué par la CNAMTS, les dépenses de soins de ville ont progressé de + 2,9 % sur 12 mois, en données corrigées des jours ouvrés et des variations saisonnières (CJO). Les analyses médicales (biologie) ont de leur côté, connu une croissance annuelle de + 1,5 % et les remboursements en transports ont maintenu une forte hausse, de + 4,4 %, sur les 12 mois écoulés, de même les indemnités journalières (+3,5 %). Seul le poste médicaments délivrés en ville maintient une croissance proche de zéro. Au total, les dépenses du régime général augmentent de 2,3 % en rythme annuel et en données CJO, soit un taux proche de l’ONDAM.

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