Santé : état des lieux dans le monde

Santé : état des lieux dans le monde

Comme chaque année, l’OCDE nous livre son Panorama de la santé dans le monde, avec des données comparables les plus récentes sur les principaux indicateurs de la santé et des systèmes de santé de ses 34 pays membres. Un panorama riche d’enseignements.

En 2013, au sein de l’OCDE, l’espérance de vie à la naissance s’élevait à 80.5 ans en moyenne (83,1 ans pour les femmes et 77,8 ans pour les hommes), soit une hausse de plus de 10 ans depuis 1970. Le Japon, l’Espagne, la Suisse, l’Italie et la France se classent en tête d’un groupe de 8 pays de l’OCDE qui affichent désormais une espérance de vie supérieure à 82 ans. Dans la même zone, les femmes ont une espérance de vie supérieure de plus de 5 ans à celle des hommes, mais cet écart a diminué de 1,5 an depuis 1990.
A l’exception de la Grèce, des États-Unis et de la Pologne, tous les pays de l’OCDE disposent d’une couverture d’assurance maladie universelle pour un ensemble de services essentiels. Aux Etats-Unis, pays où la part des dépenses de santé dans le PiB est de 16,4 %, la part de la population non assurée a reculé de 14,4 % en 2013 à 11,5 % en 2014 grâce à la mise en oeuvre de l’Affordable Care Act ; ce recul devrait se poursuivre en 2015. En moyenne dans les pays de l’OCDE, 20 % environ des dépenses de santé sont prises en charge directement par les patients, dans des proportions comprises entre moins de 10 % en France et au Royaume-Uni et plus de 30 % au Mexique, en Corée, au Chili et en Grèce. Enfin, les ménages à faible revenu sont quatre à six fois plus susceptibles de renoncer à des soins médicaux et dentaires pour des raisons financières ou autres (tel l’éloignement d’un centre médical).
Ce pour quelques généralités sur un tableau d’ensemble qui analyse par le détail l’état de santé des populations, les déterminants non médicaux sur la santé, le personnel de santé, les prestations des services de santé, l’accès aux soins, les dépenses de santé et leur financement ou encore aux soins de longue durée et le vieillissement des populations.
Les Etats-Unis toujours en tête
« Les dépenses de santé par habitant dans les pays de l’OCDE ont légèrement augmenté en 2013, dans la continuité des dernières années », note l’Organisation. En 2013, les États-Unis ont continué de dépenser pour la santé nettement plus que tous les autres pays de l’OCDE, avec des dépenses s’élevant à 8 713 dollars US (8175 euros) par résident dans le pays, pour une moyenne de 3 453 dollars (3239 euros) sur la zone. Sur l’Europe, on observe une réduction spectaculaire des dépenses de santé dans certains à partir de 2010. En France, les dépenses de santé par habitant se situent à 4 124 dollars (3869 euros), en faible hausse, de 0,9 % entre 2009 et 2013 (contre 3,4 % sur l’ensemble de la zone sur la même période).
En proportion du PiB, les dépenses de santé représentaient en 2013 en moyenne 8.9 % dans les pays de l’OCDE (investissements exclus). Les Etats-Unis, avec 16,4 % du PiB consacré à la santé, demeurent largement en tête d’un classement où presque la moitié des pays de l’OCDE dépensent en services de santé entre 8 et 10 % de leur PiB. Légèrement au dessus, on trouve les pays de l’Union Européenne, Pays-Bas et Suisse (11,1 %), Suède de l’Allemagne (11 %) et enfin la France (10,9 %). « En Europe, la France et l’Allemagne ont vu leur ratio des dépenses de santé rapportées au PIB se stabiliser depuis 2009, avec l’alignement de la croissance de ces dépenses sur celle de l’économie », note l’organisation. Dans les pays émergents, la Chine et l’Inde ont dépensé respectivement 5.6 % et 4.0 % de leur PIB en 2013, tandis que le Brésil (9.1 %) et l’Afrique du Sud (8.9 %) se situent en 2013 plus proches de la moyenne de la zone.
Baisse des dépenses ambulatoires
En termes de répartition des dépenses, les soins hospitaliers et ambulatoires représentent les deux tiers de la dépense courante de santé en 2013. 20 % sont consacrés aux biens médicaux (principalement les médicaments), 12 % se rapportent aux soins de longue durée et 6 % aux services collectifs (prévention, administration, santé publique). Le secteur des hôpitaux joue un rôle important en Pologne, en France (35 %) et en Autriche, avec des dépenses en soins hospitaliers de plus d’un tiers des coûts totaux. Les dépenses en produits pharmaceutiques ont diminué de plus de 3 % par an sur les années récentes, alors qu’elles augmentaient au rythme de 5 % par an dans la période qui a précédé la crise. Quant au taux de croissance des dépenses en soins ambulatoires, il  a été divisé par plus de deux globalement (1.7 % contre 3.9 %), tout en restant positif dans trois quarts des pays de l’OCDE. « Certains gouvernements ont décidé de protéger les dépenses destinées aux soins primaires et aux services de première ligne tout en cherchant des possibilités de réduction dans d’autres parties du système de santé. » Ce qui, au demeurant, n’est pas le cas de la France où le secteur des soins ambulatoires demeure, avec 25 % des dépenses, largement en dessous de la moyenne de la zone OCDE (33 %), de l’Allemagne (30 %) ou du Canada (34 %).
Enfin, sur le chapitre des dépenses pharmaceutiques, qui représentent un montant de 800 milliards de dollars sur la zone OCDE en 2013 – soit 17 % du total des dépenses totales de santé et 1.4 % du PIB -, la palme revient aux Etats-Unis, avec une dépense par habitant de 1026 dollars (en parité de pouvoir d’achat), contre une moyenne de 515 dollars sur l’ensemble de la zone (hors médicaments sans ordonnance). La France se situe à 596 dollars, derrière l’Allemagne (678 dollars) ou la Belgique (603 dollars). Après une croissance forte entre 1994 et 2005 (+ 5 % par an en moyenne), les dépenses pharmaceutiques enregistrent une nette décélération sur la période récente : leur progression est même négative depuis 2010 (-3,2 % depuis 2009). Explication : « Entre 2009 et 2013, les dépenses publiques en produits pharmaceutiques ont baissé en moyenne de 3,2 % dans les pays de l’OCDE, alors qu’elles augmentaient de 2,7 % par an durant la période 2005-09. » Cette réduction ne s’est pas limitée à l’Europe. Seul le Japon continue d’enregistrer des augmentations annuelles notables (+ 4,9 %), du fait du vieillissement de sa population.

Jean-Jacques Cristofari

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