Revenus des médecins : 59 % des jeunes spécialistes s’installent en secteur 2

Revenus des médecins : 59 % des jeunes spécialistes s’installent en secteur 2

L’INSEE vient de dresser le bilan des revenus d’activité des médecins libéraux récemment installés. Les jeunes médecins, parmi lesquels les femmes sont désormais majoritaires, exercent plus fréquemment que leurs ainés une activité salariée. S’ils sont spécialistes, ils optent davantage pour le secteur à honoraires libres.

Entre 2005 et 2011, les revenus globaux des jeunes médecins ont augmenté, en euros constats, de 2 % pour les généralistes et de 11 % pour les spécialistes. Ainsi les revenus d’activité, calculés par l’INSEE pour l’année 2011, varient en moyenne de 82 000 euros pour les médecins généralistes contre 133 000 euros pour les spécialistes. Parmi ces derniers, les radiologues tiennent le haut du pavé, avec 189 777 euros, suivis de peu par les anesthésistes, (189 680 euros), des chirurgiens (176 840 euros) ou encore des cardiologues (143 550 euros). Au bas du tableau des spécialistes, quasiment à égalité avec les généralistes, on trouve les pédiatres (86 000 euros) et les psychiatres (84 000 euros). L’ensemble des médecins âgés de moins de 70 ans – hospitaliers temps plein avec secteur privé inclus – établit ses revenus à une moyenne de 106 140 euros.
En termes d’effectifs, les 110 000 praticiens français se répartissent comme suit : 57 000 généralistes et 52 000 spécialistes. Les premiers sont 27 % à exercer une activité salariée complémentaire, contre 44 % des spécialistes. Ce revenu salarié ne représente en moyenne qu’une faible part du revenu d’activité : moins de 5 % pour les généralistes (soit 3 900 euros), contre 11 % pour les spécialistes (15 300 euros).
Les jeunes gagnent moins
Les jeunes généralistes ont un revenu moyen inférieur de 15 % à celui de l’ensemble de leurs confrères, en raison d’une moindre activité et aussi d’une proportion importante de femmes, à moindre activité que leurs confrères hommes. A l’inverse, le revenu des jeunes spécialistes est, en moyenne, légèrement plus élevé que celui de l’ensemble des  spécialistes (+ 6 %). « Ces jeunes médecins sont nettement plus souvent installés en secteur 2 exercent plus souvent des spécialités techniques plus lucratives (anesthésie, chirurgie, etc.) », indique l’INSEE. Ces différences de revenus entre classe d’âge et spécialités expliquent la désaffection croissance des jeunes générations envers l’activité de médecine générale. Ils ne sont ainsi, selon l’Ordre des médecins que 12 % à opter pour l’activité libérale en médecine générale à la sortie de leur internat.
Enfin, sur la période 2005 – 2011, à ancienneté comparable les généralistes ont vu leurs revenus d’activité augmenter de 2,4 % eu euros constants (après déduction de l’inflation). La hausse a été de 7,5 % pour les spécialistes en secteur 1 et de 11,4 % pour ceux du secteur à honoraires libres. Dans les rangs des jeunes médecins, les hausses ont été de 7 % pour les médecins de toutes spécialités en secteur 1 et de 9 % pour les spécialistes en secteur 2.
Au total, la féminisation se poursuit, note l’INSEE, les jeunes spécialistes choisissent de plus en plus souvent le secteur à honoraires libres pour exercer et l’âge de l’installation en libéral est de plus en plus tardif. Autant dire que la France aura du mal à recruter des généralistes si la loi de Santé en discussion ne conforte pas les soins primaires en engageant un sérieux  « virage ambulatoire ».

Jean-Jacques Cristofari

(1)  » L’emploi et les revenus des indépendants  » – INSEE, Édition 2015, Février 2015.

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