Renoncement aux soins : les délais d’attente priment sur les coûts des consultations

Renoncement aux soins : les délais d’attente priment sur les coûts des consultations

Deux Français sur trois renoncent aujourd’hui à des soins à cause des délais d’attente trop longs pour obtenir un rendez-vous chez un médecin spécialiste, contre 59 % en 2012, indique l’Observatoire Jalma sur l’accès aux soins, réalisée avec l’IFOP. Le coût de la consultation, est évoqué par moins d’un Français sondé sur deux, et l’éloignement géographique par un sur trois.

A l’origine de ce renoncement : le délai moyen de rendez-vous chez un spécialiste, qui a augmenté de plus de 15 %, en passant de 44 à 51 jours depuis 2011. Les ophtalmologues battent tous les records, avec 111 jours d’attente, contre 57 jours pour les gynécologues et 50 jours pour les dermatologues 50. L’hôpital n’est pas en reste : les patients doivent attendre jusqu’à 42 jours en moyenne avant une opération chirurgicale et patienter 49 jours pour y obtenir un rendez-vous avec un spécialiste (+ 9 jours depuis 2011).

Des variations selon les régions
Ainsi, entre l’Ile-de-France et le reste de la métropole, les délais varient du simple au double. Pour les cardiologues, avec une moyenne nationale de 42 jours, ils sont de moins de 21 jours en Paca et Languedoc-Roussillon et de plus de 72 jours en Picardie ou en Bourgogne.

La 2ème cause de renoncement aux soins tient aux raisons financières. Elle intervient aussi bien chez les généralistes (à 30 %, en hausse de 3 % depuis 2011), alors qu’ils ne sont que 11 % à pratiquer des dépassements d’honoraires, que chez les spécialistes (à 46 %, + 4 %). A noter que les patients qui bénéficient de la complémentaire santé de la CMU ou de l’aide à la complémentaire santé (ACS) sont ceux qui renoncent le plus aux soins : 60 % chez un spécialiste, contre 44 % pour le reste de la population.

L’enquête révèle par ailleurs que les Français dressent un portrait peu flatteur de leur système de santé : près des deux tiers estiment qu’il s’est dégradé ces dernières années et seulement 13 % qu’il s’est amélioré. Seules les cliniques ne recueillent pas une majorité de sentiment négatif. Ni la qualité, ni la compétence du corps médical, ne sont remises en question par les Français, note Jalma. Mais davantage les délais de prise en charge à l’hôpital. Même sentiment pour les soins de ville : la hausse des tarifs se situe au 3ème rang dans la dégradation de la situation et les délais au premier.

Jean-Jacques Cristofari

Cet article a été publié dans Actualité, Dossiers thématiques.