Tandis que les institutions en charge du médicament viennent de changer de président en attendant de changer de gouvernance, le ministère de la Santé installe des Assises du médicament en vue d’engager une large concertation sur la refonte sanitaire des produits de santé.
Le tsunami médiatique généré par l’affaire du Mediator et ses désastreuses conséquences sur la santé des personnes affectées par le traitement n’a pas fini de produire ses effets. Coup sur coup et pour des raisons différentes, les trois institutions en charge, à divers titres, des produits de santé, viennent de changer de présidence. Ainsi le Jean-Luc Harousseau, 62 ans, Professeur d’hématologie clinique à la faculté de Médecine de Nantes, par ailleurs directeur général du Centre de lutte contre le cancer de Nantes, vient de prendre la tête de la Haute Autorité de santé (HAS), en remplacement du Pr. Laurent Degos. La HAS qui a, entre autres, en charge la réévaluation du service médical rendu par les médicaments comme de leur évaluation économique devrait à cet égard définir ses nouvelles pistes d’action. L’Afssaps, directement mise en cause avec le Mediator a également vu arriver un nouveau Président, le Pr. Dominique Maraninchi, président de l’Institut national du Cancer depuis 2006, en remplacement de Jean Marimbert. Le Pr. Maraninchi, qui aura en charge le volet sanitaire et médical de l’Agence, avec à ses côtés un patron plus administratif, à son arrivée a d’emblée procédé au limogeage de quelques responsables mis en cause dans la gestion passée du Mediator.
Six groupes de travail pour des Assises
Enfin, le Comité économique des produits de santé (CEPS) voit son Président, Noël Renaudin, remplacé par Gilles Johannet, en provenance de la Cour des Comptes et ancien directeur de l’Assurance Maladie. Le nouveau patron du CEPS en charge des prix remboursés des médicaments et dispositifs médicaux, des conventions avec les laboratoires pharmaceutiques, arrive à la tête de l’institution phare avec une culture nouvelle et une vision des relations avec les entreprises de santé qui devrait trancher avec celle de son prédécesseur.
En parallèle à ces mouvements qui ont une importance plus que symbolique dans cette période délicate pour le médicament et ses industriels, le ministre de la Santé a installé des Assises du médicament dont l’objectif avoué est de « restaurer la confiance dans le système de sécurité sanitaire des produits de santé ». « Il est indispensable de rendre notre système plus sûr, plus éthique, plus transparent, plus réactif et plus efficient », a souligné le ministre Xavier Bertrand à leur sujet. Six groupes de travail ont été créés en vue de débattre du mode de gouvernance et de la gestion sanitaire des produits de santé. Ils devront dans un deuxième temps « élaborer des propositions sur l’évaluation, le suivi, l’utilisation et la promotion des produits de santé, afin de garantir une sécurité optimale aux patients, tout en préservant les capacités d’accès à l’innovation. » Les rapports de chaque groupe sont attendus pour le mois de mai. Avec eux, c’est l’ensemble de la gouvernance des produits de santé – autorisation de mise sur le marché, système de surveillance, encadrement des prescriptions hors AMM, information sur les produits de santé etc. -, qui va être mise à plat. Le tout est placé sous la responsabilité de M. Edouard Couty, conseiller maître à la Cour des Comptes, rapporteur général des Assises.