Marisol Touraine met sa stratégie de santé sur la route

La ministre de la Santé a demandé aux Agences régionales de santé (ARS) de mobiliser le banc et l’arrière banc de la médecine ambulatoire et hospitalière dans les régions de France. Objectif de ce tour de France de la santé : alimenter la réflexion sur la Stratégie nationale de santé à travers 150 débats. Au-delà, préparer la future loi de Santé publique.

Rennes aura donné le coup d’envoi, le 19 novembre dernier, des 150 débats que la ministre de la Santé a voulu organiser sur le territoire national. Jusqu’en fin février 2014, quelque 17 ARS seront sur le pont selon un calendrier déposé (1). La Bretagne a ainsi organisé sa rencontre autour du thème des parcours de soins, un sujet qui constitue l’épine dorsale de la médecine de proximité que Marisol Touraine appelle de ses vœux pour le proche avenir. En Midi-Pyrénées, la délégation territoriale des Pyrénées Orientales a ouvert le bal le 9 décembre, avec le thème « Bien vieillir et prévenir la perte d’autonomie de la personne âgée », suivie de celle de l’Aveyron où les sujets tourneront autour des coopérations pluridisciplinaires entre professionnels de santé, avec en ligne de mire « la révolution du premier recours ». Au menu de ces rencontres territoriales entre acteurs locaux de la santé, usagers et institutions politiques ou sanitaires, les soins de proximité autour du patient, la santé des jeunes, l’organisation des soins de premier recours, les coopérations ville-hôpital, les maisons et pôles de santé pluriprofessionnels ou encore les parcours de soins des malades chroniques. Les conclusions de chaque débat départemental seront déposées lors d’une séance plénière de la Conférence régionale de santé et les ARS impliquées auront in fine pour mission de faire remonter l’information sur Paris.
Vers une loi de Santé publique
L’ensemble de ces 150 manifestations a pour objectif « de recueillir des témoignages, d’entendre les attentes des Français, de susciter les contributions des territoires sur les difficultés, les initiatives et les propositions d’actions autour des grands axes de la Stratégie nationale de santé initiée le 23 septembre dernier. Plus largement, la ministre en charge de la Santé entend vouloir « refonder le système de santé français autour de trois axes prioritaires ».
Au nombre de ces derniers, figure la prévention et une « volonté d’agir tôt et fortement » sur tout ce qui a une influence sur la santé des Français ; l’organisation des soins autour des patients et l’égal accès aux soins de tous constituent le 2ème axe, résumé en une formule : « la révolution du premier recours » ; enfin le renforcement de l’information et des droits des patients forme la 3ème priorité gouvernementale. Cette mobilisation sonne comme des « états généraux de la santé », mais décentralisés cette fois. En son temps Roselyne Bachelot avait mobilisé autour d’EGOS (États généraux de l’organisation de la santé) en vue de la rédaction de sa loi HPST. Marisol Touraine prolonge la démarche en l’organisant cette fois au plus près des territoires où agissent les acteurs de santé. En toile de fond de la démarche, se profile la loi de Santé publique que la ministre de la Santé veut présenter au premier semestre de 2014 sur la base des conclusions que lui apporteront les ARS.
La précédente loi de Santé publique de 2005 présentait 100 propositions d’actions dans des domaines très variés. Marisol Touraine ne souhaite pas reprendre cet inventaire à la Prévert. Les pathologies prioritaires (essentiellement les maladies chroniques) feront l’objet d’une gestion spécifique sur des parcours de soins fléchés. C’est du moins ce que souhaitent les généralistes, en premier ligne sur le sujet. La Haute Autorité de Santé a d’ores et déjà défini certains parcours pour certaines pathologies et publics (cancers, BPCO notamment). Il reste désormais à compléter l’édifice en cours de construction.

Jean-Jacques Cristofari

(1) Les calendriers régionaux des rencontres ARS

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