L’officine attend son honoraire

L’officine attend son honoraire

Les pharmaciens, qui viennent de s’engager dans la première de leurs nouvelles missions, attendent désormais de connaître le montant de leur honoraire de dispensation. Reportée en décembre dernier, la négociation sur le sujet tarde à engager les pistes ouvertes par la Convention de mai 2012.

Les syndicats d’officinaux et l’assurance-maladie ont récemment signé l’avenant à la convention pharmaceutique précisant les modalités pratiques de mise en œuvre de l’accompagnement pour les patients sous traitement par anti-vitamine K. Une « nouvelle mission » pour laquelle ils recevront 40 euros par an et par patient suivi, et qui devrait démarrer en février, avant de songer à s’attaquer à d’autres sujets. L’assurance-maladie va se lancer dans une communication en direction des patients pour leur faire part de ce nouveau « service » offert par leur pharmacien. « Cet accompagnement, qui représente 25 millions d’euros en année pleine, concrétise un travail de 10 années », note à son égard Gilles Bonnefond, président de l’USPO, qui encourage désormais les pharmaciens à se former pour réussir leurs entretiens avec les patients.
Mais un autre chantier, qui devrait bientôt s’ouvrir avec l’assurance-maladie, concerne l’honoraire de dispensation des pharmaciens, qui nécessitera cependant, de l’aveu des syndicats d’officinaux, « une forte impulsion politique ». La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, présidée par Gilles Gaertner, veut, sur ce dernier registre, aller vite et souhaite que l’honoraire puisse représenter rapidement 12,5 % de la marge du secteur officinal (soir environ 700 millions d’euros). Du côté de l’USPO, il n’est pas question de se précipiter et Gilles Bonnefond veut au préalable savoir quelle sera l’enveloppe globale que le gouvernement accordera à sa profession. En attendant, s’il admet qu’il faut restructurer le réseau officinal, il estime qu’il manque cependant les outils pour le faire. Pas question toutefois de tailler dans les effectifs et de « tuer des confrères pour que d’autres vivent. Ce n’est pas recevable ! ». Reste que les officines vont une nouvelle fois passer une année difficile, avec des ventes en chute libre et des marges en régression. Fin novembre, la baisse de ces dernières était chiffrée entre 85 et 100 millions d’euros pour l’ensemble du réseau, sur un total de 5,5 milliards de marges. La « prime génériques », consécutive à la nette amélioration du taux de substitution de ces derniers, s’élèvera pour 2012 à 80 millions d’euros et à 150 millions pour 2013. Mais la baisse des prix des médicaments programmée pour cette année effacera ce dernier gain. Autant dire que 2013 sera une fois encore une année « sans ». Sauf si la création d’un honoraire de dispensation vient compenser pour partie les manques à gagner des pharmaciens.

Jean-Jacques Cristofari

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