La Mutualité Française veut corriger la santé visuelle

La Mutualité Française veut corriger la santé visuelle

La vision connaît une prise en charge trop limitée. La Mutualité Française vient d’organiser à son sujet des Etats Généraux de la Santé Visuelle et dresse un état des lieux des représentations en France sur le sujet.

Les Français sont peu satisfaits du sort qui est réservé à leur santé visuelle. A peine la moitié d’entre eux (52 %) jugent la situation satisfaisante, selon une enquête d’opinion diligentée par la société Harris (1) pour le compte de la FNMF. Délais d’attente hors normes – jusqu’à 12 mois dans certaines régions – inflation des coûts des équipements, manque d’information sur la santé visuelle, manque de coopérations entre professionnels de santé, prévention insuffisante, le lot des motifs d’insatisfaction n’est pas exhaustif. « C’est face à ce constat et devant l’absence de débat national que la Mutualité Française a pris l’initiative d’organiser les premiers Etats Généraux de la santé visuelle », souligne son communiqué du 15 décembre. « Ils permettent une approche transversale de la santé visuelle à l’heure où quatre Français sur dix estiment difficile d’accéder aux équipements optiques et où un tiers déclarent avoir déjà renoncé à des soins ou à des équipements, principalement pour des motifs financiers ou en raison de délais d’attente trop longs » selon les enseignements de l’enquête Harris (2).
Cette dernière révèle que si 71 % des Français ont déclaré faire attention à leur santé visuelle, une large majorité estime néanmoins que l’information en matière de santé visuelle est déficitaire (59 %), un constat également partagé par les professionnels de santé interrogés. Sur l’accès aux soins et aux équipements, la situation n’est guère meilleure : quatre Français sur dix estiment difficile d’accéder aux équipements optiques et un tiers déclare avoir déjà renoncé à des soins ou à des équipements, principalement pour des motifs financiers ou en raison de délais d’attente trop longs chez les ophtalmologues. La situation est connue de chaque assuré en prise avec cette question. Si les Français renouvellent pour l’essentiel leur confiance aux professionnels de santé du domaine visuel – au premier rang desquels les ophtalmologues (83 %), devant les opticiens (64 %) et les orthoptistes (62 %) -, ils sont environ 70 % à considérer qu’il n’y a pas suffisamment de coopérations entre les différents professionnels de la filière. Face à une pénurie d’ophtalmologues perçue par 83 % des Français, et devant la situation d’engorgement actuel, la délégation de tâches à d’autres professionnels du secteur apparaît envisageable pour une majorité des répondants. Les personnes interrogées seraient ainsi prêtes à accepter des coopérations professionnelles des ophtalmologues vers les optométristes (75 %), vers les orthoptistes (74 %) et vers les opticiens (63 %),
Enfin, les assurés appréhendent par ailleurs positivement les réseaux d’opticiens agréés par les complémentaires santé : 90 % estiment c’est une « bonne chose » considérant qu’ils facilitent l’accès de tous aux équipements. Il faut noter dans ce registre que les complémentaires santé sont le financeur principal des soins optiques (avec 72 % de prise en charge), l’Assurance-maladie n’en remboursant plus que 5 %. Ces Etats Généraux de la Santé Visuelle viennent à point nommé pour rappeler que dans le domaine visuel – comme dans l’auditif – la situation sanitaire appelle des corrections majeures.

Jean-Jacques Cristofari

(1) L’enquête quantitative de Harris a été réalisée en ligne du 26 au 29 octobre 2015 auprès d’un échantillon national représentatif de 1500 Français âgés de 18 ans et plus.
(2) « Les enjeux de la santé visuelle », synthèse des volets qualitatifs et quantitatifs », Harris Interactive et FNMF, décembre 2015

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