Des dépenses de santé confortées, mais fortement encadrées

Paris, Janvier 2011

Des dépenses de santé confortées, mais fortement encadrées

La France consacrera cette année quelque 160 milliards d’euros à sa santé, dont 75 % sont pris en charge par notre système collectif, a rappelé en janvier le chef de l’Etat, lors de ses vœux aux acteurs de la santé, prononcés à Châtillon-sur-Indre le 20 janvier. Les dépenses remboursées par les caisses d’assurance-maladie ne devront cependant pas progresser au-delà du taux de + 2,9 %. Ce qui représente une croissance naturelle de quelque 5 milliards d’euros. Dans cette épure, ce sont par ailleurs 2,5 milliards d’euros d’économies qui ont, par avance, été demandées aux acteurs de la santé et aux assurés, économies inscrites dans la loi de financement de la Sécu pour 2011, votée en novembre dernier par le Parlement. Le président de la République s’est, sur l’avenir de notre système de santé, prononcé « contre le rationnement, le refus de toute dépense nouvelle, le refus de tout investissement ». Il a également fait part de sa volonté de garantir la qualité et la sécurité des soins ainsi que de son intention « d’engager une démarche de refondation, en profondeur, de notre politique du médicament », mis à mal par l’affaire relative au Mediator. Plus largement, il a souligné l’importance qu’il y a de sauvegarder notre système de santé en le rendant plus efficient. Aussi, souhaite-t-il que l’argent mis à disposition soit utilisé et investi de manière plus efficace. « On a trop besoin d'argent pour les nouvelles techniques, pour des machines plus innovantes, pour des médicaments plus performants », a rappelé Nicolas Sarkozy, qui entend ne pas laisser filer les déficits, notamment hospitaliers et poursuivre la réforme de l’hôpital, engagée avec la loi HPST. « Si des services hospitaliers éparpillés doivent être regroupés, au bénéfice de la qualité des soins et de la bonne gestion, il faut le faire », a-t-il martelé.

Des professionnels de santé mieux reconnus

Sur le volet de la médecine de ville, le chef de l’Etat a souligné « avoir une difficulté sur la médecine de proximité » et invité les professionnels à se regrouper. L’année qui s’ouvre devrait également voir apparaître de nouveaux modes de rémunération des praticiens aux côtés du paiement à l’acte. « Réfléchissons aux modes de rémunération, je ne veux pas remettre en cause ce qui marche, je veux compléter ce qui est insuffisant », a ainsi indiqué le chef de l’Etat. Les régions en voie de désertification médicale pourraient ainsi bénéficier de ces nouveaux modes de rémunération en contre partie d’un « service public » rendu par les médecins. « Je le dis pour les médecins, je suis prêt à aller assez loin dans la définition d'une nouvelle politique » a-t-il encore ajouté. Une politique qui sera, selon le chef de l’Etat, pilotée par les directeurs des Agences régionales de santé (ARS), dont il attend qu’ils « prennent leurs responsabilités » « Voilà les défis, a conclu le chef de l’Etat : que les professionnels de santé soient mieux reconnus dans leur métier, mieux formés encore. Que notre système collectif dégage les marges de manœuvre pour améliorer la santé des Français. » Le tout sans gaspillage, afin de rétablir les comptes.


Reste que ce tour d’horizon des grandes questions qui affecteront le monde de la santé en 2011 a totalement laissé de côté le sort qui sera réservé au monde officinal qui s’apprête à vivre une 3ème année – voir une 4ème - de crise économique. En 2010, ce sont quasiment deux officines par jour qui ont déposé leur bilan et la tendance ne sera pas à la baisse cette année. Le monde officinal a perdu 300 millions de marges l’an passé et rien n’est, jusqu’à ce jour, venu compenser ces pertes. Fortement mobilisés lors des élections en vue de la création des Unions régionales de professions de santé (URPS), les syndicats d’officines attendent du gouvernement et du ministère de la santé des solutions de sortie de crise. Dans un contexte sanitaire pour le moins agité, Michel E. Leclerc en a profité pour relancer une ancienne revendication, restée sans réponse à ce jour, celle de pouvoir vendre des médicaments dits de médication familiale dans ses 140 parapharmacies. Avec sa nouvelle campagne médiatique dans le contexte précité, l’enseigne de l’épicier de Landerneau a fait un nouveau « coup publicitaire », mais qui est cependant quasiment passé inaperçu.

Jean-Jacques Cristofari

 

 

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