Complémentaires santé : un secteur en bonne santé financière

Complémentaires santé : un secteur en bonne santé financière

En 2014, les organismes qui pratiquent l’assurance complémentaire santé étaient au nombre de 573 pour une collecte de 33,9 milliards d’euros. Sur ce marché très convoité, les mutuelles dominent, même si elles perdent des parts au profit des sociétés d’assurance. Bilan d’un secteur en pleine mutation.

Ils sont 573 opérateurs à se disputer le marché de l’assurance complémentaire santé et de la prévoyance. Sur ce nombre 453 relèvent du secteur mutualiste, 94 sont des sociétés d’assurance et 26 des institutions de prévoyance. Dans leurs rangs, la concentration s’accélère avec les années, le nombre de mutuelles ayant été divisé par trois depuis 2001 et celui des institutions de prévoyance par deux. La DREES, qui vient de réactualiser son étude sur le secteur, note que le chiffre d’affaires collecté a doublé en 13 ans, pour atteindre 33,9 milliards d’euros en 2014. « Cette forte expansion du montant des cotisations collectées (+ 5 % par an en moyenne en euros courants et + 4 % en euros constants) s’explique par la hausse du nombre de personnes couvertes (+ 1 % en moyenne annuelle au cours de cette période), mais aussi par l’amélioration des garanties proposées et l’augmentation du prix des contrats », note son étude. Les mutuelles tiennent toujours le haut du pavé, avec 53 % du marché devant les assureurs privés (28 %) et loin devant les sociétés de prévoyance (19 %). La santé domine dans le chiffre d’affaires des mutuelles (80 % en 2014). Elle est marginale pour les sociétés d’assurance (5 %). « Tous acteurs confondus, la santé représente 15 % de l’activité du secteur de l’assurance en 2014, note la DREES. Elle n’en représentait que 13 % en 2009. »
En termes de contrats souscrits, les institutions de prévoyance commercialisent essentiellement des contrats collectifs (85 % de leurs cotisations en 2014), alors que les mutuelles se situent plutôt sur les contrats individuels (71 % des cotisations). Les assureurs privés se situent sur une position intermédiaire avec 44 % de cotisations collectées pour les contrats collectifs. Au total, ces derniers contrats représentent 43 % du marché et gagnent progressivement du terrain sur les contrats individuels. « Avec la généralisation de la complémentaire santé d’entreprise au 1er janvier 2016, la part des contrats collectifs dans l’assurance complémentaire santé pourrait s’accroître davantage », commente la DRESS à cet égard.

Activité excédentaire
Les complémentaires santé ont financé 13,5 % de la consommation totale de soins en 2014, soit 0,7 % de plus qu’en 2006. Leur part ne devrait pas diminuer dans les années à venir. En termes de frais de gestion, les frais d’administration sont plus élevés dans les rangs des mutuelles que dans ceux de leurs concurrentes (9 % en 2014 contre 5 % pour les sociétés de prévoyance et 3 % pour les assureurs privés). Par contre les frais d’acquisition des contrats sont plus forts chez les assureurs (13 % contre 6 % chez les mutuelles et 5 % dans les institutions de prévoyance). Ils ont augmenté partout. « Cette hausse s’inscrit dans un contexte de concurrence accrue et de complexification de la gestion des placements depuis la crise financière de 2009 », note la DREES. Les frais de gestion des sinistres sont assez proches (4 à 5 %). Enfin, en 2014, l’activité d’assurance en santé est excédentaire, note le rapport précité. « Les organismes complémentaires ont dégagé 296 millions d’euros d’excédents, soit 0,8 % des cotisations collectées. Le marché a dégagé de légers excédents en santé chaque année depuis 2009, l’année 2012 ayant été la moins profitable (0,2 % des cotisations collectées) et l’année 2010 la plus favorable (1,2 %). » Seul bémol au tableau : les organismes assureurs réalisent moins de marge en collectif qu’en individuel. « Toutes activités confondues, les organismes qui exercent une activité de complémentaire santé ont dégagé des excédents de 2007 à 2014, y compris les institutions de prévoyance dont l’activité santé était parfois déficitaire au cours de cette période. » Ces excédents ont représenté 5 % à 6 % de l’ensemble des cotisations d’assurance en 2007 et 2008 et se sont élevés à environ 3 % des cotisations depuis 2009, exception faite de l’année 2012, moins favorable. Les assureurs complémentaires en santé ont encore de belles années devant eux.

Jean-Jacques Cristofari

(1) « Assurance complémentaire santé : les contrats collectifs gagnent du terrain », DREES, février 2016

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