Assurances santé : les contrats collectifs gagnent du terrain

Assurances santé : les contrats collectifs gagnent du terrain

Les contrats collectifs proposés par les assureurs complémentaires gagnent désormais du terrain sur les contrats individuels : en 2015, ils représentent 44 % des cotisations collectées. La généralisation de la complémentaire santé n’a pas été sans effet sur ce mouvement.

Quelque 534 organismes et sociétés pratiquent en 2015 une activité d’assurance santé. Leur nombre se répartit entre 411 mutuelles, 99 sociétés d’assurances et 24 institutions de prévoyance. Ils étaient 1 700 en 2001 à exercer une activité d’assurance santé, soit trois fois plus qu’aujourd’hui et cette forte baisse est la résultante des mouvements de concentration opérés dans le secteur. En 2015, les contrats collectifs représentent 44 % du marché de l’assurance santé, avec une part en hausse depuis 2007, où ils représentaient 40 % des cotisations. La généralisation de la complémentaire santé d’entreprise au 1er janvier 2016 devait leur donner un nouvel élan, en particulier dans les rangs des institutions de prévoyance qui commercialisent essentiellement des contrats collectifs. Un tiers d’entre elles gèrent d’ailleurs exclusivement ce type de contrats. De leur côté, les mutuelles privilégient plutôt les contrats individuels, alors que les sociétés d’assurances se situent en position intermédiaire. « En 2015, environ un quart des mutuelles et un quart des sociétés d’assurances gèrent exclusivement des contrats individuels », souligne la DREES (1).

Vers une nouvelle concentration du secteur

« L’activité de ces organismes pourrait donc être particulièrement affectée par la généralisation de la complémentaire santé d’entreprise », ajoutent les auteurs de l’étude. Quant aux mutuelles qui gèrent exclusivement des contrats individuels, plutôt de petite taille et dont l’assurance santé est l’unique activité, les conséquences de la généralisation de la complémentaire collective pourraient s’avérer variées. Ainsi, celles qui ont un caractère local pourraient être d’autant plus affectées que la part d’assurés actifs dans leur portefeuille est élevée et celles qui assurent les salariés d’entreprise via des contrats individuels pourraient se reporter sur le marché des contrats collectifs. Seules, les mutuelles de fonctionnaires seraient épargnées. « Dans tous les cas, la recherche d’alliances ou de partenariats pour s’adapter pourrait déboucher sur des fusions, absorptions ou rapprochements de groupes et ainsi accélérer le mouvement de concentration du marché dans les années à venir », conclut l’étude de la DREES. Reste cependant que la généralisation de la complémentaire santé d’entreprise aura des conséquences encore incertaines sur la profitabilité des organismes d’assurances. Car pour l’heure, les contrats collectifs s’avèrent encore en moyenne déficitaires, malgré des résultats plutôt positifs pour l’ensemble des opérateurs de l’assurance santé, qui ont dégagé 121 millions d’euros d’excédents en 2015, soit 0,3 % des cotisations collectées.

Jean-Jacques Cristofari

(1) « Complémentaire santé : un organisme d’assurances sur quatre gère exclusivement des contrats individuels en 2015 », Etudes et résultats, mars 2017

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