ARGOS : une balise dans l’océan des tarifs

ARGOS : une balise dans l’océan des tarifs

Les écarts de tarifs sont légion dans les secteurs de l’optique, du dentaire ou encore de l’hospitalisation. Ils ont été soulignés dans un rapport de l’IGAS. La société Viamedis propose un outil pour mieux analyser les tarifs proposés aux assurés.

Un récent rapport de l’IGAS (1), consacré aux réseaux de soins, relate une enquête menée auprès de six différentes plateformes de gestion sollicitées pour apporter des éléments chiffrés sur les prix pratiques au sein de leurs réseaux optique, audio et dentaire. Cette enquête souligne ainsi un écart significatif pour les prix moyens en matière de verres correcteurs, ce pour les achats faits via les réseaux gérés par 6 plateformes en 2016, par rapport à l’ensemble des achats. La comparaison de douze verres (choisis parmi les plus vendus, en données 2016) révèle des écarts de prix importants entre les réseaux gérés par les six plateformes et le SNIIRAM (de – 28 % à -37 % pour les verres unifocaux et -15 à -28 % pour les verres multifocaux). Bien que moindres, des écarts de prix sont également observés sur les montures (entre -9 et -12% par rapport à l’ensemble des dépenses). L’enquête note également qu’en la matière, les contrôles a postériori sont rares (0,21 % des dossiers pris en charge en 2016). Dans le secteur des audioprothèses, pour lequel la France se caractérise par des prix et des dépenses élevés, des écarts de prix ont également été constatés, de 1931 euros à 2307 euros selon les plateformes ayant répondu, soit un écart de – 10 %. Enfin, dans le dentaire, selon le réseau, le type d’acte (implant ou prothèse) ou la ville retenue pour l’enquête (Paris ou province), les écarts de prix entre les réseaux et le Sniiram peuvent aller de – 9 % à – 37 %.

Positionner les tarifs

Face à cet état des lieux, les assureurs complémentaires sont souvent désarmés et contraints d’agir comme des payeurs aveugles. Pour remédier à cette situation qui n’a rien d’inéluctable, Viamedis propose aux organismes de santé complémentaire un outil qui leur permettra d’analyser en temps réel le positionnement des tarifs selon les pratiques en cours sur le marché de la santé dans les domaines de l’optique, du dentaire ou encore de l’hospitalisation. L’outil, dénommé ARGOS, propose des référentiels tarifaires à partir desquels il est possible d’analyser des tarifs et d’effectuer des contrôles de cohérences métier dans le cadre des demandes de prise en charge (PEC) et des devis. Argos effectue ainsi en temps réel les contrôles tarifaires des prestations. Ces derniers peuvent ensuite influer sur la suite du processus décisionnel d’acceptation ou de refus des devis et PEC optique selon les modalités choisies par le client.

Optimisation des coûts

Pour exemple l’outil ARGOS Optique est composé de trois référentiels : un premier détaillé basé sur neuf variables discriminantes : génération, matériau, indice, photochromique, teinte, durci, antireflet, cylindre et sphère. Un 2ème, agrégé et interrogeable selon de 3 à 5 variables (génération, indice, antireflet, cylindre et sphère) ; enfin un référentiel LPPR construit sur la même base de données que le référentiel détaillé, avec comme seule variable déterminante le code LPPR. ARGOS Dentaire ou Hospi permet de son côté à l’organisme complémentaire de bénéficier d’un positionnement sur les tarifs proposés en fonction de la zone géographique d’exercice du professionnel de santé, du ou des gestes exécutés par ce dernier. A partir de ces éléments, une interrogation des référentiels est effectuée, puis un avis tarifaire sera adressé qui comparera les prix pratiqués sur le marché. Fort de ces outils, les assureurs complémentaires sont en mesure d’optimiser leurs coûts par une meilleure maîtrise des tarifs qui sont soumis à leurs assurés.

Jean-Jacques Cristofari

(1) « les réseaux de soins », rapport IGAS, juin 2017

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