Accessibilité financière aux soins : l’HCAAM propose sa solution

Accessibilité financière aux soins : l’HCAAM propose sa solution
L’accès aux soins des Français est marqué par des inégalités flagrantes et croissantes qui trouvent leur source dans la crise économique actuelle, mais également dans le niveau de couverture auquel peuvent prétendre les assurés sociaux. Le Haut Comité de l’Assurance maladie (HCAAM), qui vient d’analyser l’accessibilité aux soins de ces derniers, suggère de favoriser la mise en place de « parcours de soins » comme une des réponses possibles au problème posé.
Le Haut Comité de l’Assurance maladie, dans son rapport annuel sur l’année 2012 (1) analyse l’évolution des chiffres qui, selon lui, sont « les plus aptes à décrire de manière pertinente la performance de notre système », et à travers eux, établit un tableau de bord sur l’accessibilité financière des Français aux soins. Il rappelle ainsi qu’en 2011, les Français ont consacré à leur santé, mesurée par leur consommation de soins et de biens médicaux, quelque 180 milliards d’euros, soit 9 % de la richesse nationale (PIB). Ces dépenses ont été financées pour 75,5 % par la Sécurité sociale et à 13,7 % par les organismes complémentaires (OC). Les ménages ont, de leur côté, directement financé en direct 9,6 % de leurs dépenses de santé, soit 0,6 % de plus qu’en 2005, tandis que la part de la Sécu a baissé sur la même période de 1,3 point et celle des complémentaires augmenté de 0,7 %. Au terme d’une analyse fine, par type de soins, de la part restant à charge des assurés, l’HCAAM revient sur le taux d’effort que les ménages consacrent à leurs dépenses de santé, après intervention de l’assurance maladie obligatoire (AMO). Un taux qui s’établit en 2011 en moyenne à 3,3 % de leur revenu disponible, en progression constante depuis l’an 2000, année pour laquelle il se situe à 2,9 %.
L’assurance maladie pointée du doigt
L’accessibilité des Français aux soins est, nous explique par ailleurs l’HCAAM, grandement conditionnée par le niveau de couverture maladie de ces derniers : ainsi, selon les enquêtes réalisées par l’IRDES (2) un tiers des Français (32,6 %) sans couverture complémentaire a renoncé en 2010 à des soins pour des raisons financières. Ce qui  est aussi le cas de 19,7 % des CMUC ou encore de 14 % des personnes qui disposent d’une couverture privée.
« Certains chiffres sont ainsi sans appel, explique le rapport de l’HCAAM, au terme de ses premières réflexions sur le thème des inégalités sociales de santé menées en mai 2012. Par exemple, l’espérance de vie des cadres à 35 ans dépasse de plus de six ans l’espérance de vie des ouvriers au même âge. » Le Haut Comité, désireux d’aller plus loin pour comprendre les liens entre situation sociale et état de santé, pointe ainsi du doigt l’assurance maladie, qui est « immédiatement concernée par les différences sociales d’état de santé », comme elle l’est par les inégalités sociales de santé, si ces dernières s’expliquent par des difficultés d’accès aux soins. Enfin, ajoute l’HCAAM, « même lorsque les facteurs explicatifs sont hors de son champ, l’assurance maladie reste tout autant concernée, en raison de l’action compensatrice et correctrice qu’elle doit être, alors, en mesure de conduire. »
Favoriser la « médecine de parcours »
Au nombre des actions correctrices et des réponses que l’on peut apporter aux inégalités de santé, le Haut Conseil suggère d’inciter fortement les patients à recourir à des « parcours de soins » pertinents. « Cette « médecine de parcours », que le HCAAM appelle de nouveau fermement de ses voeux, apparaît ainsi comme une des réponses pertinentes aux inégalités sociales de santé », note ainsi l’institution qui « réitère le souhait qu’elle se concrétise sans délai dans un petit nombre de prototypes « pilotes » territoriaux. Une analyse à suivre.

Jean-Jacques Cristofari

(1) http://www.securite-sociale.fr/Rapport-annuel-2012
(2) IRDES, enquête Santé et protection sociale, 2010, dont la question est la suivante : « Au cours des douze derniers mois, vous est-il déjà arrivé de renoncer, pour vous-même, à certains soins pour des raisons financières ? »

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